EVOLUTION DE LA POPULATION DES BARS (MANCHE)

 
 
   

Depuis cinq ou six ans, les fins de saisons en bord de plage, du moins sur le littoral de la Manche, se suivent et se ressemblent. Ainsi, on y prend de plus en plus de prédateurs et notamment des bars. Les vieux coureurs de plage ne se rappelaient pas avoir réalisé de telles séries de belles pêches, depuis la fin des années soixante...De même, je note depuis quelques années une augmentation constante de la taille moyenne des bars capturés.(en moyenne +3cm depuis 1995, taille moyenne en 1995 16cm soit en 1999 16cm+5*3= 31 cm.). Au printemps 2000, la tendance se confirme car les bars capturés (même s'ils sont un peu moins nombreux) avoisinent la taile légale de 36 cm.

A mon avis, trois raisons principales peuvent expliquer cette embellie.

1) Depuis pratiquement une dizaine d'années, nous n'avons pas connu d'hivers rigoureux sur les côtes de la Manche. Or, dans cette mer peu profonde, la survie des poissons d'une année sur l'autre (surtout des plus jeunes classes d'âge) est en grande partie conditionnée par les températures minimales de janvier, février ou mars.
Le bar, ne l'oublions pas, se trouve dans la Manche et le sud de la mer du Nord, dans sa zone d'extension la plus septentrionale. Dans ces régions, sa croissance est extrêmement lente (8 à 10 ans pour atteindre 4 à 5 kg) et l'espèce, on le conçoit, est très vulnérable aux facteurs conditionnant l'abondance de nourriture. En revanche, dans ces mêmes régions (et 1995 n'aura pas fait exception, bien au contraire), les étés ont été " anormalement " chauds depuis la fin des années 80, ce qui signifie dans des eaux réchauffées une explosion de phytoplancton, donc une abondance de zooplancton conditionnant elle même une multitude de poissons-fourrages: sprats, lançons, équilles, crevettes et mollusques qui sont les proies des prédateurs comme les bars, les maquereaux, les lieux, etc.

2) La deuxième raison n'est pas d'ordre climatique mais économique. Depuis trois ou quatre ans, les prix moyens des bars de ligne ou de chalut, concurrencés par les bars d'élevage, ont tellement chuté à la criée (40 à 60 F/kg contre 80 à 100 F il y a quatre ou cinq ans), que l'effort de pêche ciblé sur cette espèce s'est nettement relâché, en tout cas sur le littoral Manche.

3) Enfin, contrairement à certaines idées reçues, la pollution des rivage de la manche (et notament de la baie de Seine) est en constante diminution depuis une quinzaine d'années ne pouvant que favoriser toute la chaine alimentaire et par conséquent l'un de ces derniers maillons, à savoir le bar.

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